Les urgences sont menacées, la santé des patients aussi !

par Bruneel Alain

La semaine dernière, dans un communiqué conjoint Gérald Darmanin et Agnès Buzyn se
félicitaient de l’amélioration des comptes de la sécurité sociale en 2017 et du déficit « le plus
faible depuis 15 ans ». A quel prix pour les personnels et les citoyens ?
A force de soigner les déficits plutôt que les malades, l’hôpital public est à l’agonie et la
qualité des soins se dégrade de façon inquiétante. Le décès d’une patiente de 73 ans
abandonnée sur un brancard aux urgences du CHU de Reims, plus de 2 heures après son
arrivée, doit nous alerter.
Les urgences sont au bord du gouffre ! Selon le ministère de la Santé, 97 services d’urgence
sur 650 sont « en tension ».
Partout en France, les patients sont soumis à des attentes interminables dans des couloirs
encombrés de brancards. Face à cela, le professionnalisme des salariés ne peut masquer le
manque de moyens.
Alors que les passages aux urgences sont en constante augmentation du fait de la hausse des
maladies, du vieillissement de la population mais également des problématiques de
démographie médicale, les moyens pour accueillir les patients sont réduits d’année en année.
En 10 ans, 7 milliards d’économies ont été fait par le Ministère. L’équivalent de la fermeture
de 100 000 lits.
Ces choix austéritaires ont des conséquences dont les députés communistes constatent la
gravité lors de chacune de leurs visites d’établissements depuis le début de leur tour de France
des hôpitaux et des EHPAD, le 12 février dernier.
Il y a urgence ! Nous demandons au Gouvernement de décréter un moratoire sur les
restructurations et les fermetures de services en cours. Nous ne pouvons continuer à
démanteler le service public de la santé qui doit demeurer notre bien commun.