Malgré ses fanfaronnades Macron devra répondre de ses responsabilités

Hier soir, le Président Emmanuel Macron a déclaré devant sa majorité qu’il était le « seul responsable » dans l’affaire dite « Benalla ». Des aveux pleinement assumés, comme l’attestent ses propos bravaches lancés à la représentation nationale : « qu’ils viennent me chercher ! ». Au-delà de cette familiarité qui porte atteinte à la dignité de la fonction présidentielle, Emmanuel Macron ne semble pas prendre la mesure de son aveu.
Certes, la Constitution de la Ve République est particulièrement protectrice à son égard, puisque « le Président de la République n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité » (art. 67). Une irresponsabilité politique de principe confortée par la stratégie d’obstruction de sa majorité au sein de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale : les députés LREM s’opposent en effet à l’audition cruciale de certains acteurs clefs de cette affaire d’Etat, tels que le Président de la République, Alexis Kholer, secrétaire général de l’Elysée, Jean-Marie Girier, chef de cabinet de Gérard Collomb, et Christophe Castaner.
S’il apparait que la représentation nationale ne peut directement interroger le Président de la République, elle n'est pas, pour autant, totalement désarmée. L’article 68 de notre Constitution prévoit en effet que « Le Président de la République (...) peut être destitué (...) en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour ». Dès lors, si au terme de l’enquête parlementaire, il s’avèrait que de tels manquements ont été commis par le Président de la République, il appartiendrait à la représentation nationale de prendre toutes ses responsabilités.
Du reste, la responsabilité politique du Président de la République dans l’affaire Benalla ne saurait nous faire oublier la responsabilité du Gouvernement dans la politique menée depuis le début de la législature. Une politique de privilèges pour un petit nombre et de violence sociale pour le plus grand nombre. Une politique menée dans le cadre d’une Ve République qui permet la concentration des pouvoirs aux mains d’un monarque élu et qui affaiblit l’Etat de droit. Une politique en cohérence avec le souhait présidentiel d’affaiblir le Parlement.
Cette situation appelle une refonte démocratique majeure.