Politique sociale

par Peu Stéphane

Monsieur le Premier ministre, vous ressemblez à un automobiliste embarqué à contre sens sur une autoroute. Le mouvement des « gilets jaunes » vous fait des appels de phares pour éviter le carambolage, mais vous poursuivez votre route.

M. Thibault Bazin. Très juste !

M. Stéphane Peu. Vous dites entendre la colère et la souffrance, mais vous restez droit dans vos bottes. Vous allez dans le mur, monsieur le Premier ministre, pour une raison essentielle : le peuple, particulièrement le peuple qui souffre encore plus depuis l’élection d’Emmanuel Macron, ne manque ni de discernement ni de mémoire.

Il sait combien votre majorité sait être bonne avec tous les Carlos Ghosn, ceux qui n’en ont jamais assez. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI et sur quelques bancs du groupe LR.) Il voit comment vous les avez gratifiés d’un crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi pérennisé sans contrepartie. Il voit comment vous avez délesté les plus riches de l’impôt sur la fortune. Il voit, à l’inverse, que vous faites les poches des plus faibles, c’est-à-dire les leurs, celles de leurs parents retraités ou celles de leurs enfants bénéficiaires de l’aide personnalisée au logement.

Dimanche soir, vous avez assuré que vous maintiendrez le cap. Encore une fois, vous faites fausse route et nous vous suggérons une bretelle de sortie, éloignée de l’axe Bruxelles-Berlin qui vous est si cher, une bretelle de sortie en direction de Lisbonne. Le Portugal démontre en effet depuis deux ans qu’une politique fondée sur une relance par la demande fait baisser le chômage et progresser la croissance et la justice sociale. Là-bas, le SMIC a augmenté, les pensions ont été revalorisées et l’investissement public relancé. D’où la question des députés communistes, monsieur le Premier ministre : procéderez-vous à une revalorisation importante du SMIC le 1er janvier 2019 ?

M. Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances. Monsieur le député, je vous rappelle que nous avions demandé, et obtenu, une baisse de 30 % de la rémunération de M. Carlos Gohn, il y a quelques mois. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)

Je suis un peu surpris que vous n’ayiez pas plus d’attention pour les salariés du groupe Renault et de l’alliance Renault-Nissan, qui m’occupent depuis hier, depuiss que nous avons appris les nouvelles concernant M. Carlos Gohn. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM - Exclamations sur les bancs du groupe GDR.) Je tiens à vous dire, puisque vous avez évoqué son nom, que la priorité, aujourd’hui, du Président de la République et du Premier ministre est le renforcement de Renault et la stabilité de l’alliance entre Renault et Nissan. J’ai eu aujourd’hui au téléphone le ministre de l’économie japonais : nous ferons tout pour pérenniser l’alliance du premier groupe industriel mondial Renault-Nissan. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

Vous nous parlez des salaires, notamment du SMIC. Nous sommes plus généreux que vous, monsieur Peu, parce que nous n’avons pas seulement augmenté le SMIC, nous avons augmenté les salaires de tous les salariés français le 1er novembre dernier, en supprimant les cotisations sur l’assurance maladie et sur l’assurance chômage, pour permettre à ceux qui travaillent de vivre mieux.

Nous sommes plus généreux que vous, monsieur Peu, parce que les décisions fiscales que nous avons prises nous ont permis de faire de la France le pays le plus attractif d’Europe pour les investissements étrangers, qui créeront des usines, des entreprises et des emplois. Nous sommes plus généreux et plus efficaces que vous, monsieur Peu, puisque, depuis un an, le chômage a baissé d’un demi-point en France et que nous continuerons dans cette direction grâce aux mesures prises par Muriel Pénicaud. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)

M. André Chassaigne. Pinocchio !

Plusieurs députés des groupes GDR et SOC. Mensonge !

M. Bruno Le Maire, ministre. Oui, notre politique économique, qui est juste, nécessaire et efficace, permettra le redressement de la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM. - Exclamations sur les bancs du groupe GDR.)