Région des Hauts-de-France

par Roussel Fabien

Monsieur le Premier ministre, la région des Hauts-de-France cumule, depuis de trop nombreuses années, de tristes records, en matière de chômage, d’espérance de vie, de santé. Sur les 6 millions d’habitants de cette région – qui est aussi celle du Président de la République et du ministre de l’action et des comptes publics –, 1 million vivent sous le seuil de pauvreté ! Près de 100 000 jeunes sont au chômage !

Alors que notre niveau de vie est l’un des plus bas de France, notre pouvoir d’achat risque de fondre encore avec le gel du point d’indice pour les fonctionnaires et la hausse de la contribution sociale généralisée pour les retraités qui ont été annoncés.

M. Gilbert Collard. Il ne fallait pas voter pour eux !

M. Fabien Roussel. L’industrie, qui est notre fierté, n’est pas protégée ; nous perdons tous les ans des emplois, des savoir-faire, comme chez Whirlpool ou Goodyear. Il en va de même pour nos agriculteurs, asphyxiés par la concurrence et la bureaucratie. De surcroît, nos services publics sont sous-dotés et disparaissent. Les communes rurales sont les premières à en souffrir.

Nous avons beaucoup donné dans la région. Nous sommes aujourd’hui les grands oubliés de la République. Pourtant, nous avons tant d’atouts, tant de compétences, tant de richesses, et il y a tant de force, de courage, d’énergie chez tous ceux qui travaillent, sans qu’ils aient l’impression d’être payés de retour, et chez tous ceux qui rêvent d’un contrat à durée indéterminée et d’une vie digne !

M. Jean Lassalle. Très bien !

M. Fabien Roussel. Le pape François a déclaré récemment (Exclamations sur les bancs du groupe LR) : « Il n’y a pas de vie digne pour tous sans travail pour tous ».

M. Bertrand Pancher. Très bien !

M. Fabien Roussel. Monsieur le Premier ministre, nous avons besoin d’un plan d’urgence pour redonner des moyens à nos services publics et rattraper nos retards, pour développer notre industrie et apporter des commandes à nos petites et moyennes entreprises, pour redonner confiance à nos jeunes.

Monsieur le Premier ministre, quelles mesures d’urgence exceptionnelles comptez-vous prendre pour que les habitants des Hauts-de-France se sentent enfin respectés, et qu’ils puissent tous vivre dignement ? (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)

M. Alain David et M. Christian Hutin. Très bien !

M. le président. La parole est à M. le ministre de la cohésion des territoires.

M. Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires. Monsieur le député, vous avez exprimé avec fermeté et dignité la souffrance, parfois la désespérance de certains de nos concitoyens et de certains territoires. Sachez que le Gouvernement de la République respecte et respectera l’ensemble des citoyens et des territoires de la nation.

Un député du groupe LR. Encore heureux !

M. Jacques Mézard, ministre. Si le Président de la République et le Premier ministre ont tenu à ce qu’il y ait un ministère de la cohésion des territoires, ce n’est pas pour rien. Je sais, aussi bien que d’autres, si ce n’est mieux, les cris de nombre de territoires qui ont le sentiment, depuis des décennies, d’être oubliés. Nous allons donc mener une politique volontariste en la matière, afin de rétablir un équilibre.

Rétablir un équilibre, ce n’est pas abaisser les autres ; c’est rappeler – et je m’adresse à tous les députés ici présents – qu’il est nécessaire qu’il y ait de la solidarité entre les territoires. (Applaudissements sur les bancs des groupes REM et MODEM.)

Mme Stéphanie Kerbarh. Bravo !

M. Jacques Mézard, ministre. L’État va reprendre son rôle d’État stratège, et il le fera en collaboration avec les collectivités territoriales. Une conférence nationale des territoires sera réunie ; elle sera l’occasion de faire un bilan de ce qui existe, des problèmes que l’on rencontre et de prendre un certain nombre de décisions, ensemble, avec les collectivités territoriales, afin de rétablir cet équilibre indispensable au développement de la République et de la nation.

J’ai entendu cette désespérance et cette souffrance. Nous allons y travailler ensemble, et je suis sûr que nous avancerons ensemble. (Applaudissements sur les bancs des groupes REM et MODEM.)