Reconnaissance sociale des aidants (Niche GDR)

par Jumel Sébastien

Monsieur le président, madame la ministre, madame la présidente de la commission, monsieur le rapporteur, je suis quelque peu désarçonné par la qualité du débat qui vient de s’ouvrir et qui tranche avec celui que nous avons eu auparavant ce matin. La qualité du rapport présenté par notre collègue Pierre Dharréville démontre non seulement que le débat au Parlement peut être utile mais même que les propositions de l’opposition peuvent être intelligentes. Ce constat devrait largement inspirer et le président de l’Assemblée nationale et le Gouvernement dans leurs velléités de réforme constitutionnelle.

De plus, la manière dont Pierre Dharréville a prouvé, dans son rapport, que le problème des aidants est sérieux et urgent, démontre qu’il est nécessaire de le résoudre. La crise des EHPAD – établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes –, renforcée par les inégalités territoriales dans l’accès à la prise en charge des personnes âgées dépendantes et des personnes en situation de handicap dans les zones les plus éloignées des métropoles, conduit, faute de places en nombre suffisant, à mobiliser davantage les aidants, dans des conditions hélas où ce qu’ils font, loin d’être reconnu, est sous-estimé, voire souvent disqualifié.

Madame la ministre, vous avez pris des engagements et présenté un calendrier. La présidente de la commission vous a, quant à elle, demandé – c’est un des arguments développés pour repousser la proposition de loi –, de mobiliser vos services en vue d’estimer rapidement le coût de la proposition intelligente formulée par le groupe communiste : nous attendons donc que ce chiffrage soit réalisé. Je tiens du reste à rappeler que nous avons avancé des propositions dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale en vue de dégager des moyens de financement pour des services nouveaux renforçant un service public de prise en charge des personnes âgées, notamment dépendantes.

Je suis satisfait de constater que le travail d’un député peut être utile à 11 millions de nos concitoyens. Dans l’attente de la concrétisation des promesses formulées ce matin devant la représentation nationale – ce devrait être fait, vous l’avez affirmé, très rapidement, avant l’été, au printemps –, j’avance une dernière proposition : puisque la proposition de loi est intelligente, puisque le rapport est argumenté, puisque le consensus semble se dégager pour une avancée concrète dans la prise en charge de cette situation sociétale, eh bien, que Pierre Dharréville soit proposé comme rapporteur du prochain projet de loi ! Ce serait la première démonstration de votre capacité à prendre réellement en considération les propositions de l’opposition. Tel est le sens de mon intervention. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, FI, NG et LR.)